Jérémie me dit, dans notre nuage, qu’il sauve les apparences comme il peut, que ça vire à la cata et que personne ne s’en rend compte, même pas Geoffroy. Qu’il se sent alone . Je suis quand même chez lui autour d’un thé-cake pistache ! Jérémie ne sent plus rien tellement il est beau. Même sa détresse est belle! Il gobe un bluestaz et en a jusque là des Psychopabiens. « tu sais Kévin, je regrette l’anonymat : plus un pas sans une horde à mes frousses. Dans le pire de mes cauchemars, je me suis vu en exilé. » Pour l’heure, son refuge est un triplex à l’Ouest, dans le quartier tibétain. Nous sommes au deuxième, un immense salon aux 3 canapés en tissu safran et jaune. La table est surchargée d’affiches, de flys, de seringues, de cartes divinatoires. Il y a aussi une boussole cassée et un reste de Champagne. Je me ferais bien sauter par Jérémie, là !… être en accord sur sa table basse et le Champagne exploserait en une jouissance et c’est notre sperme qui laisserait son éphémère trace…Il n’en a même pas conscience, pourtant il suffirait qu’il y mette un peu du sien, c’est vrai, quoi, je suis à bloc. Mais Jérémie a répèt’ – ça lui revient comme une révélation – et me pose une main sur la jambe : « t’es un frère, Kév’ ! » Il n’arrête plus de me faire fantasmant. Il s’est levé et part se changer dans sa chambre insonorisée.
Je fais le tour du salon aux 4 baies vitrées qui donnent sur d’autres baies vitrées où je m’aperçois et c’est comme si un fantôme ressurgissait de mon passé compliqué. Il y a un coin photos mais le temps figé me donne la nausée, je m’attarde donc sur le mur dédié aux Psychopabiens : affiches de concerts, photos de concerts et Jérémie en odeur de sainteté à la Une de tous les mags. Ma préférée est celle du Vieil Observateur, qui titre : Psychopabiens, le phénomène qui cachetonne ! Jérémie réapparaît. Il pue le CK 23. C’est vrai qu’il souffre. Il est total déf’ et se refait un shoot. J’aimerais le couvrir de ma peau en manque. Pomper son vide intérieur en intraveineuse, être l’aiguille qui le pénètre sans mal, la sève bleue qui se dilue en lui et en ses yeux d’halluciné ; oui j’aimerais que Jérémie abuse de ma faiblesse à son égard…c’est l’heure des médicaments, nos états capitonnés…c’est l’heure des médicaments, il nous les ont mitonnés…c’est l’heure des médicaments, tu vois la vie c’est dément…c’est l’heure des médicaments, toutes les nuits le néant…
pasKal








Commentaires